Ablatherm

Project Description

Le traitement du cancer localisé de la prostate par ultrasons focalisés est un traitement mini invasif qui a été développé à partir de 1990 grâce à une collaboration entre 4 partenaires tous basés à Lyon : le service d’urologie et de chirurgie de la transplantation de l’Hôpital Edouard Herriot (Hospices Civils de Lyon), le service de radiologie urinaire de l’Hôpital Edouard Herriot,  l’unité INSERM 1032 (application des ultrasons à la thérapie) université Lyon 1, et la société EDAP-TMS. L’objectif était la mise au point d’un traitement aussi peu invasif que possible du cancer localisé de la prostate rendu nécessaire par l’augmentation drastique de son incidence liée à son  dépistage par le dosage du PSA (400 000 nouveaux cas en Europe par an dont 70 000 en France) .La plupart  des cancers sont maintenant détectés à un stade précoce et un grande nombre de patients présente des cancers dont le risque  évolutif  à 10 ans  (apparition de métastases) est faible  ou modéré .Ces patients reçoivent actuellement un traitement radical d’emblée (avec des risques de séquelles urinaires et sexuelles) ou bien sont placés en surveillance active avec traitement différé en cas de progression (avec le risque de réaliser dans certains cas le traitement trop tardivement comme l’a montré l’étude anglaise Protect). L’objectif principal du traitement HIFU est de proposer une alternative à la fois au traitement radical et à le surveillance active à des patients dont la tumeur a été bien évaluée grâce à la combinaison d’une IRM multiparamétrique et de biopsies guidées par l’imagerie IRM. L’imagerie IRM permet par ailleurs en post traitement d’évaluer avec précision l’étendue la zone détruite. Plus récemment l’échographie de contraste permet un contrôle per-opératoire de la qualité du traitement : l’opérateur peut, si nécessaire, effectuer une complétion immédiate de la thérapie.

Le traitement par Ultrasons Focalisés de haute intensité (HIFU) est un traitement qui peut être réalisé sous anesthésie loco régionale avec une hospitalisation de 24 heures. Les ultrasons sont émis par voie endorectale par une tête de tir qui combine un transducteur de thérapie (qui émet les ultrasons de haute intensité avec des impulsions successives de 1 seconde) et un transducteur d’échographie (qui permet le localiser la prostate en temps réel durant tout le traitement). Au point de convergence du faisceau ultrasonore l’absorption de l’énergie crée une élévation de température entre 85 et 100 degrés qui provoquent une destruction irréversible du tissu cancéreux (nécrose de coagulation). En répétant les impulsions et en déplaçant la tète de tir il est possible de détruire un volume très précis. Comme il n s’agit pas de radiation ionisante le traitement peut être répété si nécessaire, ou utilisé comme traitement de sauvetage chez les patients traités initialement par radiothérapie qui présentent une récidive locale. L’appareil de dernière génération (Focal One™, figure 1) permet , lorsque la tumeur n’envahit qu’une partie de la glande,  de limiter le traitement a la zone où se trouve le cancer (traitement dit focal) en préservant la prostate non cancéreuse : le risque de séquelle urinaire digestive et sexuelle est alors considérablement réduit par comparaison aux traitement radicaux conventionnels (prostatectomie radicale , radiothérapie externe).Pour guider le traitement l’opérateur utilise un système de fusion d’image qui lui permet de visualiser sur l’écran de l’appareil l’image de la tumeur telle qu’elle apparait sur l’IRM per-opératoire ainsi que  le biopsies représentées en imagerie 3D (figure 2).

Le projet a commencé en 1990, aboutissant à la mise sur le marché de 3 machines successives : Ablatherm Maxis en 2000, Ablatherm Imagerie intégrée en 2005 et Focal One en 2013.Le traitement par HIFU est maintenant disponible dans la plupart des pays du monde à l’exception encore du Japon.. Plus de 50 000 traitements ont été réalisés à ce jour.

L’association Française d’urologie (AFU) a été le promoteur de 3 études multicentriques françaises : la dernière en date, réalisée dans le cadre juridique du forfait innovation, est une étude comparative avec la chirurgie radicale : elle concerne les deux indications principales : patients traités en première intention et patients en récidive après radiothérapie. Concernant le traitement focal 3 études sont en cours dans le cadre d’une Recherche Hospital Universitaire (RHU) financé par l’ANR.

Figure 1 : appareil FocalOne™.

Figure 2 : imagerie 3D de fusion IRM/biopsies.

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